"The Mastermind", un film de braquage signé Kelly Reichardt
Kelly Reichardt détourne le film de braquage et signe le portrait d'un anti-héros attachant, dans une Amérique des années 70 superbement reconstituée.

Après avoir revisité le western de manière singulière avec First Cow, Kelly Reichardt s’attaque cette fois au film de braquage... revisité, évidemment, à sa manière.
Ceux qui s’attendent à retrouver les codes habituels du genre risquent d’être déçus. Les autres, qui connaissent un peu, voire beaucoup, le cinéma de la réalisatrice américaine, ne seront pas surpris car le film prend son temps pour installer ses décors, ses personnages, son histoire. Un peu dans l’esprit de ce qu’ont pu proposer les frères Coen dans certains de leurs films.
Ici, pas de héros, mais des antihéros, des gens sans importance, des losers à l’image du personnage principal, James Blaine Mooney, incarné par Josh O'Connor.
Ce dernier prévoit de dérober des tableaux dans le musée de sa ville afin de les revendre et d’en retirer quelques bénéfices substantiels. Mais dès les premiers minutes, on comprend que tout ne se passera pas comme prévu et que les problèmes vont s’accumuler pour ce garçon et ses complices.
Les situations à risque s’enchaînent alors dans un film visuellement très beau, qui nous replonge dans une petite ville du Massachusetts au début des années 1970, à travers une reconstitution soignée. Un film dont l'atmosphère nous ramène au temps du Nouvel Hollywood, à une époque où l'Amérique n’avait pas le moral.
La première partie est vraiment réjouissante. On y suit ce gentil père de famille, entretenu par ses parents, sans travail et surtout sans le moindre talent pour cet exercice particulier qu’est le braquage, déclenchant des scènes burlesques plutôt réussies.
La deuxième partie, qui correspond à la cavale du personnage après son forfait, s’avère plus contemplative, un peu moins rythmée. Elle nous installe une forme d’ennui presque confortable, porté que nous sommes par les couleurs et les lumières chaudes et douces du film. Sans oublier la musique, du jazz bebop très nerveux signé du Chicago Underground Trio, totalement à l’opposé du rythme du film
Un film plaisant et doux, porté par une mise en scène délicate et tout en subtilité, qui n’est sans doute pas le meilleur de Kelly Reichardt à ce jour, mais dans lequel on se sent bien.
❤❤❤
Durée : 1 h 50
Date de sortie en salles : 4 février 2026







