"Diables blancs" de James Robert Baker : histoire un couple diabolique
Plongée sans concession dans la folie criminelle d’un couple de Californiens prêts à tout pour préserver leur statut, Diables blancs est un roman noir aussi venimeux que jubilatoire.

Si vous n’avez jamais entendu parler de James Robert Baker, rien d’étonnant : cet écrivain et scénariste, décédé en 1997, n’a publié que trois livres dans les années 90, jamais édités en France jusqu’à ce que les éditions Monsieur Toussaint Louverture s’intéressent à sa dernière production, Diables blancs, un roman écrit entre 1993 et 1994, resté jusqu’ici inédit et non traduit.
C’est donc une véritable découverte que cet auteur dont le style, l’univers et les thèmes rappellent immédiatement Bret Easton Ellis. On y retrouve cette manière acérée de décrire la vie de riches Californiens névrosés, accros aux médicaments, dénués de morale et prêts à tout pour préserver leur statut.
Dans la forme, le livre se présente comme le récit d’un homme qui raconte en détail et sans affect, les jours ayant précédé l’enregistrement d’une cassette sur laquelle il évoque les événements impliquant son épouse et lui-même.
Le lecteur est ainsi plongé dans un true crime d’une noirceur implacable, retraçant la dérive d’un couple californien ruiné, contraint de vendre sa luxueuse villa pour s’installer dans un quartier bien moins huppé. Refusant ce déclassement, ils imaginent peu à peu un plan machiavélique, une entreprise criminelle destinée à retrouver leur place... et, pour Tom Dunbar, écrivain en perte de vitesse, à renouer avec le succès littéraire.
Diables blancs est un thriller porté par des personnages amoraux, sans scrupules, embarqués dans une relation destructrice. Un couple qui carbure à l’alcool et aux antidépresseurs, avalant le Xanax comme des bonbons.
Rythmé, vénéneux, assez improbable par certains aspects, mais qui en tout cas lit avec beaucoup de plaisir.
Une plongée vertigineuse dans la psyché de deux êtres dépravés, sur fond de Los Angeles des années 90, décrit avec précision et traversé de multiples références à la culture pop, au cinéma et à la musique notamment. Un roman noir aussi venimeux que jubilatoire !
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Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Yoko Lacour
Monsieur Toussaint Louverture
288 pages – 20,90 € - 6 février 2026







