"L’Affaire Bojarski", un faussaire de génie qui défia la police durant plus de 15 ans
Jean-Pierre Salomé retrace le parcours d’un faussaire de génie qui défia la police française pendant plus d’une décennie. Porté par un intense duel entre Reda Kateb et Sébastien Bouillon, le film séduit d'abord par son ambiance.

Les faussaires ont toujours fasciné le monde de la littérature et du cinéma. Parfois considérés davantage comme des artistes que comme de simples malfaiteurs, certains sont devenus de véritables légendes de la contrefaçon. C’est le cas de Jan Bojarski, faussaire surdoué, qui copia durant plusieurs décennies des billets de la Banque de France sans jamais se faire arrêter.
Surnommé le "Cézanne de la fausse monnaie", ses copies sont aujourd’hui considérées comme de véritables chefs-d’œuvre et se vendent aux enchères à prix d’or.
Malgré une facture très classique, le nouveau film de Jean-Pierre Salomé s’avère pourtant captivant de bout en bout. Il raconte comment cet immigré polonais est parvenu entre 1950 et 1964, à berner la police, et plus particulièrement le très médiatique commissaire Mattei, qui ne cessera de le traquer sans relâche pendant toutes ces années, Bojarski apparaît comme un personnage profondément romanesque ; un artiste de l’ombre, à la fois sombre, tourmenté, dont l’art de la contrefaçon semble être l’unique raison de vivre.
À la manière des grands films français des années 1970 ou 1980, où deux stars se partageaient l’affiche — on pense notamment à Belmondo et Delon dans Borsalino — L’Affaire Bojarski met en scène un superbe duo d’acteur, ou plutôt un duel d’acteurs, magnifiquement interprété par Reda Kateb et Bastien Bouillon, tous deux impeccables, bien servis par le scénario et la réalisation de Salomé.
Au-delà de ce face-à-face remarquable, on saluera l’ambiance crépusculaire du film, la tension constante qui y règne, le mystère et l’émotion qui s’en dégagent par moment… le spectateur se projetant facilement dans la peau de ce gentil Bojarski.
La qualité de la reconstitution est également à souligner avec ses décors, voitures d’époque, intérieurs, pour nous font revivre cette époque, et remettre en lumière un génie oublié de l’Histoire, un seigneur de la fausse monnaie, qui méritait bien qu’on lui consacre un film. Et celui-ci est réussi.
❤❤❤
Durée : 2h08
Date de sortie : le 14 janvier 2026







