The Revenant, film d'Alejandro González Iñárritu - La critique

Film boursouflé et démonstratif, The Revenant a presque plus à voir avec une production Disney qu’avec un film d’auteur.

The-Revenant-Di-Caprio The Revenant, film d'Alejandro González Iñárritu - La critique

Après Babel, puis après Biutiful puis après Birdman, on s’est dit à chaque fois qu’Alejandro González Iñárritu nous devait une petite revanche et que son prochain film allait, c’est sûr, être à la hauteur de son talent. Un talent qui commence quand même sérieusement à s’effilocher depuis quelques années, comme si le réalisateur virtuose d’Amours chiennes ne parvenait plus à revenir à l’essentiel, préférant faire dans la surenchère, avec un cinéma de petit malin, très tape-à-l’œil et surtout de plus en plus creux.
Et ce n’est pas avec The Revenant la tendance risque de s’inverser.
the-revenant-affiche The Revenant, film d'Alejandro González Iñárritu - La critiqueDurant 2 heures 30, Iñárritu nous convie à suivre les errances d’un trappeur (DiCaprio) en quête de vengeance, se trainant à en mode "Koh-Lanthard" dans une nature très hivernale après s’être méchamment fait baffer par un grizzli qui l’a laissé très mal en point.
Pourtant, le film avait plutôt bien commencé, avec cette première séquence spectaculaire, digne du soldat Ryan de Spielberg, prouvant une fois encore que si le cinéaste mexicain est devenu un gros lourdaud du scénario, il est toujours très à l’aise dans les mouvements de caméras, maniant la grue et les minis cam HD avec une certaine aisance. Mais une fois passée la scène de la fessée avec l’ours, le scénario avance péniblement, laborieusement, sans surprise, laissant le spectateur un peu seul face aux très beaux paysages du Canada et de l’Argentine, là où a été tourné le film.
Pas grand chose d’autre à signaler dans cette finalment banale histoire de vengeance. Les personnages réduits à n’être que des hommes des cavernes sans caverne, mais à peaux de bêtes, grognant plus que ne parlant, n’apportent pas la touche d’humanité espérée dans ce film où se succèdent les scènes convenues (le poisson mangé cru à pleines dents, et j’en passe...) qui aurait pu être un grand western métaphysique doublé d'un survival, un film envoutant et minimaliste à l’image du très beau L'Assassinat de Jesse James… d’Andrew Dominik. Mais Iñárritu lui, préfère en faire des caisses, à l’image de DiCaprio dans son personnage super fort, super indestructible, super lourdingue... laissant au final un sentiment d’inachevé, de gâchis, pour un film trop long, trop superficiel, loin des références auxquelles on pense par moment : Tarkovski, Werner Herzog et Terrence Malick.
Iñárritu c’est un peu le cinéaste qui voulait se faire plus gros que le cinéma.

[5/10]

The Revenant
Film américain réalisé par Alejandro González Iñárritu
Avec Leonardo DiCaprio, Tom Hardy, Will Poulter…
Genre : Drame
Durée : 2h36mn
Date de sortie : 24 février 2016

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