"Les Rayons et les Ombres" de Xavier Giannoli

Fresque ambitieuse et romanesque, Les Rayons et les Ombres nous plonge au cœur des compromissions de l’Occupation à travers le destin trouble de Jean Luchaire et de sa fille.

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Xavier Giannoli poursuit son exploration des destins pris dans les tourbillons de l’Histoire en racontant les années troubles de l’Occupation et de la collaboration à travers un homme de presse et sa fille, tous deux happés par l’engrenage de l’illusion et du renoncement.

Un film de plus de trois heures porté par une tension dramatique constante.

Comme dans Illusions perdues, que j'avais trouvé plus passionnant encore, Giannoli orchestre la rencontre entre les ambition personnelle d’une personne et les réalités d’une époque et monde des arts et du journalisme. Même si cette fois le film n’est pas tiré d’un roman, il y a tout de même une dimension littéraire évidente, jusque dans la qualité du texte qui donne au récit une ampleur remarquable.

Personnages troubles, ambigus, fascinants, Jean Luchaire et de sa fille Corinne évoluent dans un réseau d’influences, d’amitiés et d’opportunités qui les conduit inexorablement vers le déshonneur.... et, pour Jean Luchaire, vers une mise à mort. Malgré le côté ambigu des personnages, Giannoli ne cherche jamais à excuser, mettant parfaitement bien en lumière la faiblesse, la lâcheté et les compromissions en temps de guerre, comme il est dit dans le réquisitoire de l'avocat général (Philippe Torreton) à la fin du film.

Le duo formé par Jean Dujardin et Nastya Golubeva Carax est parfait. Dujardin incarne avec justesse ce pacifiste de gauche qui glisse peu à peu vers une forme de compromission totale. Face à lui, Golubeva Carax joue une Corinne Luchaire à la fois fragile, frivole et insouciante, prête à suivre son père dans ses entreprises les plus sombres.

On pourra reprocher au film son côté didactique, parfois démonstratif, ses arrangements avec l'Histoire, au service de son récit, mais au final, Les Rayons et les Ombres s’impose comme un spectacle fascinant, dense, habité, offrant une reconstitution magistrale de l’époque.
Un film qui interroge sans relâche les zones d’ombre de l’âme humaine, et qui se referme avec un hommage au cinéma, qui semble dire que cet art, mieux que tout autre, est capable d’éclairer les zones les plus troubles de notre mémoire collective. Mission accomplie.

❤❤❤❤

Les Rayons et les Ombres de Xavier Giannoli
Durée 3h 19min  - sortie en salle : 18 mars 2026 

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