"Un marché noir" : Bérénice Pichat explore les zones grises de l’Occupation
Dans la France occupée, la faim et la peur rebattent les cartes. Avec Un marché noir, Bérénice Pichat explore les zones grises de la Résistance et de la survie, loin des héros et des certitudes.

J’avais beaucoup aimé, que dis-je, adoré La Petite Bonne, le précédent roman de Bérénice Pichat. J’ai également été séduit par Marché noir, un roman qui se déroule pendant la Seconde Guerre mondiale, entre 1941 et mai 1944, et qui suit les trajectoires de deux personnages aux motivations diamétralement opposées.
D’un côté, il y a Servane, qui vit avec son père et sa tante. Lorsqu’elle retrouve Rose, une ancienne camarade de classe, celle-ci l’entraîne dans le marché noir et lui propose de transporter des colis clandestins d’un bout à l’autre de Paris. En parallèle, on découvre le destin de Paul, un véritable profiteur de guerre. Évidemment, les trajectoires de ces deux personnages vont finir par se croiser, pour notre plus grand bonheur de lecteur.
Avec ce nouveau roman, Bérénice Pichat s’intéresse aux zones grises, à ces espaces troubles et complexes de l’Occupation où s’organisaient toutes sortes de trafics, dans une société où le bien et le mal se côtoyaient, où les salauds fréquentaient les gens honnêtes, et où les motivations de chacun pouvaient être guidées par la faim, la peur, l’instinct de survie ou, tout simplement, l’appât du gain.
Un roman porté par l’écriture élégante et précise de l’autrice, un style qui avait déjà fait merveille dans La Petite Bonne et qui continue ici à nous ravir. Un roman historique où se mêlent la grande et la petite Histoire, mais surtout un récit qui s’attache à des personnages pris dans une époque où les frontières entre le bien et le mal deviennent parfois particulièrement floues.
Un roman, enfin, où la sensibilité de Bérénice Pichat fait une fois encore mouche, à travers des personnages complexes, ambigus et passionnants.
❤❤❤
Editeur : Les Avrils
288 pages – 22 euros - 20 août 2026







