"Choses que je croyais perdues", Clémentine Mélois et la mémoire des objets
Clémentine Mélois transforme une rupture amoureuse en une exploration drôle et sensible de la mémoire, où chaque objet retrouvé raconte un peu de celle que l’on a été et de celle que l’on devient.

Gallimard © Francesca Mantovani
Vous cherchez un roman facile à lire, pas trop long, à la fois drôle et touchant et bien écrit ? Ne cherchez plus. J’ai ce qu’il vous faut. Ce roman c’est Choses que je croyais perdues, Clémentine Mélois.
Emilie doit quitter après sept années de vie commune avec Tristan. En attendant les déménageurs, elle fait ses cartons, décide de ce qu’elle emporte et de ce qu’elle ne va pas garder. Mais chaque objet sorti d’un placard, chaque vêtement, chaque bibelot devient prétexte à souvenir, et peu à peu se dessine l’idée de remettre de l’ordre dans une histoire d’amour qui vient de s’achever.
Car les objets ont une mémoire. Une assiette, un vieux flacon de parfum, un verre à moutarde ou un moule à kouglof racontent quelque chose de l’enfance de sa famille, de ses habitudes, des moments heureux que l’on a vécus, mais aussi les moments d’une relation qui s’est délitée. À travers ces fragments du quotidien, Émilie revisite son passé, ses illusions et son aveuglement amoureux. Elle comprend combien elle s’est effacée aux côtés d’un homme dont le silence a fini par occuper toute la place.
Toute l’intelligence du roman est de faire d’un banal tri une véritable exploration de la mémoire et des sentiments. Clémentine Mélois évite soigneusement les grands effets dramatiques. Sa plume est vive, drôle, sarcastique, est assez portée sur l’autodérision.
On retrouve également dans ce livre le goût de l’autrice pour les digressions, les détails incongrus et les petites histoires qui viennent se greffer au récit. En emballant ses affaires, Émilie reprend possession de son histoire.
Clémentine Mélois signe un roman intime, sensible et souvent drôle sur le deuil amoureux. Et ce qu’on croyait perdu ne disparait jamais totalement car les souvenirs demeurent, et l’écriture leur offre une seconde vie.
❤❤❤
Éditions Gallimard / Coll. L'arbalète
176 pages – 19€
Date de parution : le 20 août 2026







