Top albums Jazz 2020

Ma sélection jazz pour 2020 avec Jeff Parker, Pat Metheny, Tenderlonious, Moses Boyd, Melody Gardot, Avishai Cohen, Alabaster DePlume, Aging, Derrick Hodge et Kamaal Williams.

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2020 aura été pour moi une belle année en matière de jazz, que ce soit avec les anciens albums, les classiques, les disques des années 60 et 70 (ma période préférée) ou bien ceux sortis en 2020. Avec cette sélection, on a un aperçu de toute la diversité du jazz actuel, avec des productions vraiment très variées. J'espère avoir autant de plaisir en 2021 que j'en ai eu en 2020.

Jeff Parker – Suite for Max Brown

A l’image de son précédent LP, Suite for Max Brown est bien plus qu’un disque de jazz. Il suffit de faire un premier balayage rapide des 11 titres pour se rendre compte que ce membre du Chicago Underground Quartet aime brouiller les pistes et surtout produire une musique tout sauf linéaire, où se croisent musiques répétitives, grooves hypnotiques, hip hop, musique électronique et afrobeat. Tout ça s’invite généreusement dans cet album à l’esprit très Fusion 70’s, avec en point d’orgue un reprise du titre After The Rain de John Coltrane dans un style assez proche de celle du guitariste John McLaughlin présentée dans un disque de reprises de Coltrane paru en 1994. (International Anthem – 24 janvier 2020) 

Pat Metheny – From This Place

Enregistré par Pat Metheny avec son nouveau quatuor, From This Place est un album assez classique dans l’ensemble mais d’un charme et d’une grande beauté. Pétri de mélodies suaves et d’arrangements de cordes assez somptueux (Same River), il se révèle aussi d’une grande diversité, entre titres rapides (Wide and fare) et morceaux doux et caressants comme des musiques de films des années 50 ou 60 signées Henri Mancini, à l’image de celles que l’on trouvera sur la dernière partie avec notamment le langoureux Love My Take Awhile aux allures de morceau jazz orchestral à la Nate King Cole qui vient clôturer en beauté cet album.

Aging – Sentenced To Love

Le quatrième album du groupe Aging nous plonge dès les premières secondes dans une ambiance de polar rétro très agréable. Voilà donc un disque de jazz qui nous convie à une ballade nocturne dans de petites rues obscures ou sur de grandes avenues éclairées par des lampadaires blafards, selon les titres. Un disque signé David McLean et son groupe Aging composé de musiciens avant-gardistes de la scène jazz expérimentale de Manchester. Un disque très cinématographique dans lequel la contrebasse et les cuivres se mettent en avant pour accompagner la batterie et la guitare. (Gizeh Records – 1er mai 2020) – lien écoute

Tenderlonious – Quarantena

Entouré de ses nombreux synthés, boîtes à rythmes et instruments plus ou moins vintage, le multi-instrumentiste  anglais Edward Cawthorne (c’est son vrai nom) a imaginé des morceaux inspirés par ses œuvres de science-fiction préférées (Total Recall, notamment) ou encore 1984 de George Orwell, posant les bases d’une orientation musicale volontairement nostalgique. Dans l’ensemble, on navigue dans un jazz électronique et atmosphérique qui fait la part belle aux sons des claviers mais qui ne manque pas pour autant de groove. Porté sur certains titres par la trompette de Nick Walters Quarantena est un album foisonnant, aussi fascinant qu’addictif, avec des choix de production osés et réjouissants et qui évitent globalement les clichés. Un régal !

Moses Boyd – Dark Matter

Issu de la scène Jazz de Londres, Moses Boyd a déjà un joli parcours derrière lui avec quelques Ep remarqués et diverses collaborations avec des gens comme Four Tet, SamphaSons of Kemmet ou Little Simz. Sur Dark Matter, son premier album solo, on découvre un assemblage entre une instrumentation classique (cuivre, contrebasse, batterie…) et une multitude de sons samplés ici et là qui viennent appuyer des rythmiques complexes et très élaborées. L’album impressionne par son coté foisonnant, donnant l’impression que ça part dans tous les sens. Un disque passionnant et singulier pour ce batteur de formation qui, à tout juste 30 ans, maîtrise déjà parfaitement son art.

Avishai Cohen – Big Vicious

Le style d’Avishai Cohen évolue sensiblement au fil des années, notamment depuis qu’il s’est entouré il y a six ans de son nouveau groupe Big Vicious composé de deux batteurs, d’un bassiste et d’un guitariste recrutés dans son pays d’origine. Mais sa musique elle reste toujours aussi aventureuse et imprévisible  car le trompettiste israélien installé à New-York continue de nous épater avec des influences très diverse dans un jazz fusion qui tend aussi bien vers le rock que vers la musique électronique ou le trip-hop avec une reprise très belle du classique Teardrop de Massive Attack. Une évolution peut-être trop mainstream pour certains mais qui confirme en tout cas que la musique d’Avishai Cohen se veut plus ouverte que jamais.

Derrick Hodge – COLOR OF NOIZE

Bassiste, producteur et compositeur, collaborateur de Quincy JonesCommon ou Jill ScottDerrick Hodge propose un album de jazz fusion dans lequel il apporte des éléments issu du hip-hop du R&B et du gospel. COLOR OF NOIZE dévoile ainsi des grooves funky très chauds, des morceaux très toniques à l’image de la reprise de Fall de Wayne Shorter qui contrastent avec des parties plus calmes, plus feutrées presque ambient comme sur le titre Looking At You. Un album plein de nuances donc, jamais linaire et qui comptera parmi les belles surprises de cette année 2020. (Blue Note – 26 juin 2020)

Kamaal Williams – Wu Hen

Fer de lance de la scène Jazz londonienne actuelle Kamaal Williams figure parmi les musiciens de jazz les plus observés du moment.  Sur Wu Hen (en référence au surnom que lui donnait sa grand-mère), et comme avec le précédent, The Return (2018), il sera encore question de jazz fusion principalement, avec notamment ces trois titres superbes joués en compagnie du producteur multi-instrumentiste Miguel Atwood-Ferguson. Seul, un morceau un peu plus “dur”, plus “free” dirons-nous (Pigalle) viendra quelque peu perturber notre confort, avant de repartir sur des choses dansantes (Mr Wu) mais surtout langoureuses et feutrées comme ce Hold On en compagnie de la chanteuse Soul Lauren Faith. (Black Focus – 24 juillet 2020) 

Melody Gardot – Sunset In The Blue

On fond littéralement à l’écoute de Sunset In The Blue, le nouvel album de l’artiste américaine à la voix de velours et aux lunettes noires. Un album aux rythmes bossa nova légers et aux chansons langoureuses, composé en partie durant le confinement et enregistré aux studios Abbey Road de Londres avec le célèbre Royal Philharmonic Orchestra. Aux côtés de la chanteuse américaine, on retrouve le producteur Larry Klein (Herbie Hancock), l’arrangeur et compositeur Vince Mendoza (Björk) et le légendaire ingénieur Al Schmitt (Frank Sinatra), sans oublier les nombreux invités qui contribuent à donner à ce disque une classe XXL.

Alabaster DePlume – To Cy & Lee: Instrumentals Vol. 1

Ce To Cy & Lee: Instrumentals Vol. 1 est un album un peu particulier, imaginé au départ comme support pour un programme en faveur de personnes handicapées et qui mélange de nouvelles compositions avec des titres instrumentaux déjà édités dans es précédents albums d’Alabaster DePlume. Un album que l’on imagine influencé par la musique africaine, indienne ou japonaise… Un disque caressant, très cinématographique, une petite merveille de douceur jazz qui constituera une belle entrée en matière dans l’univers musical de ce jeune compositeur dont le reste du répertoire diffère quand même un peu. (International Anthem – 28 février 2020) –

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