Rabbit Hole, de John Cameron Mitchell

 Rabbit Hole, de John Cameron Mitchell

Dans une grande maison bourgeoise au bord d’un lac ou peut-être au bord de la mer, Becca et Howie,  un couple de quadras, font difficilement le deuil de leur unique enfant, décédé depuis plusieurs mois. Les séances de thérapie de groupe ne donnent rien, Becca ne supportant pas d’entendre certains participants se réfugier dans foi. Pourtant, le couple doit trouver des solutions pour passer à autre chose, sans pour autant oublier leur enfant.
Alors que Howie ne peut se résoudre à se séparer de tout ce qui rappelle la présence de son fils, Becca, elle, vide la chambre de l’enfant, ce qui n’est pas sans provoquer des tensions dans le couple.
Sujet ultra casse-gueule, "le deuil impossible d’un enfant" est ici traité d’une manière tout à fait sobre et sans pathos, ce qui a pour effet de permettre au spectateur d’adhérer tout de suite à ce mélodrame et de s’identifier facilement à l’un ou à l’autre des deux personnages.
Dans une mise en scène simple mais pourtant très belle, le film rassure dès les premières minutes quant à sa forme, le réalisateur ayant choisi de faire dans l’épure pour raconter son histoire, avec beaucoup de plans fixes, très beaux, remplis de douces lumières. Le jeu des acteurs est au diapason, tout en retenue, sans effusion de larmes, avec une Nicole Kidman, en mère fébrile et rongée par la douleur, éblouissante de beauté avec une présence très convaincante pour un rôle subtilement interprété.
Et malgré la simplicité du récit, "Rabbit Hole" reste pourtant un film captivant de bout et bout, parvenant à  nous surprendre à plusieurs reprises quant aux intentions et aux désirs de ce couple sans âme, vidé de ses sentiments et où chacun se retrouve dans une forme de solitude avec des réactions parfois étranges, comme celle de la mère, bizarrement attirée  par l’adolescent qui a renversé son enfant.
Beaucoup plus réussi que l’affiche ne le laisse supposer, le troisième film de John Cameron Mitchell se révèle, en fin de compte, assez bouleversant, toujours sobre et tenu, et précisons-le, jamais dénué d’humour. Mais c’est surtout un film où les rapports entre les personnages sonnent juste, avec notamment cette relation étrange entre la mère et l’ado qui a causé la mort de son fils. Entre les deux, la communication se fait autour d’une étrange bande dessinée réalisée par le jeune où il est question de mondes parallèles, et que l’on voir se dessiner progressivement tout au long du film. Un BD en forme de métaphore, pour un film sensible et optimiste qui nous vous lâche pas une fois le générique terminé.

[8/10]

Rabbit Hole
Mélodrame américain
Réalisé par John Cameron Mitchell
Avec Nicole Kidman, Aaron Eckhart, Dianne Wiest...
Durée : 01h32min
Date de sortie cinéma : 13 avril 2011

 

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